« Nos plus belles vacances » de Philippe Lellouche

  • Par le Staff
  • 7 janvier, 2012
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 Jean-Félix Lalanne signe la musique du film « Nos plus belles vacances » de Philippe Lellouche.
Sortie cinéma : 7 mars 2012
Sortie DVD : 11 juillet 2012.

Voir la fiche Allociné
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=192650.html

Ecouter et télécharger la bande originale du film
http://www.amazon.fr/dp/B007AYV9EA

 

Synopsis
Juillet 1976, année de la canicule. Claude, juif d’Algérie arrivé en France quinze ans plus tôt, emmène sa jeune femme Isabelle, ses deux garçons et sa belle mère en Bretagne pour passer leurs plus belles vacances…

INTERVIEW DE JEAN-FELIX LALANNE

Quelle a été votre réaction quand Philippe Lellouche vous a demandé de signer la musique de son premier film ?
Une réaction de plaisir bien sûr et une grande conscience de la responsabilité que je prenais car il s’agissait d’un 1° film.  J’avais alors un capital confiance qu’il fallait que j’utilise sans erreur de choix ni de goût bien sûr.

Comment vous est venu l’idée du thème principal ?
D’une manière très étonnante et de la plus belle façon qui soit! Philippe et Vanessa nous ont invité ma femme, mes filles et moi à diner chez eux à 70 km de Paris.
Philippe m’a alors raconté l’histoire du film pendant tout le diner et s’agissant de sa propre histoire et des relations avec son père, j’ai été plus touché dans un 1° temps par la musique du son de sa voix que le scénario lui même dont je me réservais la lecture à plus tard.
Je suis reparti de chez lui avec une émotion très forte de l’histoire qu’il m’a raconté et la mémoire de ses yeux à la fois rieur et mouillés et du ton de sa voix tremblante à l’évocation de tous ses souvenirs.
Pendant tout le chemin du retour, j’ai visualisé un thème au piano pendant que ma propre famille dormait la voiture…J’avais l’impression de vivre moi même un départ en voiture en famille comme celle qui marque le début du film..C’était un sentiment très étrange d’être à la fois spectateur et acteur. Quand on est arrivé chez moi, il était 4h du matin, je me suis mis au piano, j’ai joué le thème du début à la fin…Ma femme m’a demandé ce que c’était…je lui ai dit « je ne sais pas encore »…Ces derniers mots avant de s’écrouler sur le lit ont été: « et bien surtout écris le avant de te coucher ».

De ce thème ce dégage beaucoup de mélancolie comment l’expliquer vous ?
L’histoire d’enfance que Philippe raconte est notre histoire à tous. On est tous lié aux mêmes souvenirs d’enfance: les 1° amours, les interdits, les découvertes, les relations avec père et mère, exemple ou contre exemple…seuls les détails changent, les émotions sont les mêmes et c’est pour çà, je pense que j’ai trouvé le thème aussi rapidement. L’identification  avec mes propres ressentis était facile.

Pouvez vous nous expliquer les difficultés que vous avez pu rencontré qu’elles soient logistique et artistique ?
Les difficultés sont toujours les mêmes pour un film. Il faut avancer parallèlement au montage du film…Le monteur et le réalisateur montent un 1° bout à bout…vous habillez ces images en fonction du bout à bout en sachant qu’il est provisoire mais vous ne pouvez pas faire autrement que de travailler sur ce que vous voyez…le monteur change le montage car la musique lui donne d’autres idées…il vous redonne un bout à bout…et vous recommencez…lui aussi recommence etc…. jusqu’à la version finale et en général quand on arrive au montage final, il ne nous reste que très peu de temps pour enregistrer et mixer la musique définitive, c’est à dire l’orchestre réel enregistré en direct comme on l’a fait à Prague.
L’autre difficulté est d’arriver à choisir les scènes à mettre en musique sans avoir le film en continu et une fois que l’on travaille sur ces scènes, arriver à trouver la bonne couleur musicale en imaginant ce qu’il y a avant et après…bref, à chaque étape, il y a des pièges logistiques et artistiques à éviter mais c’est çà aussi qui rend ce travail passionnant.

Quelle est votre plus grande satisfaction quand vous voyer votre musique en image ?
Je ne voudrai pas récupérer un sentiment qui ne peut être que féminin mais au même titre que les femmes témoignent de l’oubli des tracas de l’accouchement dès qu’elles récupèrent leur bébé sur le ventre, je m’aventurerai en disant que c’est un peu la même chose en voyant un film dont on a habillé le son…Quand vous êtes en projection, toute la longue route entre l’écriture, les maquettes, la réécriture, les remaquettes, l’enregistrement, les doutes, les désaccords, la logistique…bref tout cela disparait en un instant presque comme si on en était plus à l’origine et que le film ne nous appartenait plus.
Je pense que cela doit être sensiblement la même chose pour le réalisateur avec vraisemblablement bien d’autres sentiments en plus.

 

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